Présentation de Buùd-Yam

Buùd-Yam est une association communautaire pour le bien-être familial crée à Genève en Suisse en octobre 2012. Elle a pour objectif d'améliorer les conditions de vie en milieu rural, notamment l'accès aux soins, à l'eau   potable et aux commodités de base. 

Je parle au nom des mères de nos pays démunis qui voient mourir leurs enfants de paludisme ou de diarrhée, ignorant qu’il existe, pour les sauver, des moyens simples que la science des multinationales ne leur offre pas…
Thomas Sankara, ONU, 1984

Né fin 2012, l’association genevoise Buud-Yam a réussi en quelques années à créer un dispensaire, une pharmacie complète et une maternité dans le village isolé de Mesga au Burkina-Faso (à 135 kilomètres de la capitale Ouagadougou). Depuis l’ouverture du centre de soins fin 2017, plus de 14000 personnes ont pu être soignées grâce à nos activités et plusieurs dizaines de bébés sont nés en bonne santé.
Grâce au soutien de la Ville de Genève et de nombreuses communes genevoises ce projet a entraîné une amélioration significative de la santé et de la qualité de vie des villageois, et une baisse importante de la mortalité dans la région.
Depuis le départ, le projet a prévu sa pérennité grâce à l’autofinancement, qui doit être assuré dès 2022 entre autres par diverses activités de génération de revenus que nous mettons en place actuellement. C’est le plus grand défi actuel: terminer les investissements qui nous permettront d’être autonomes le plus vite possible. Nous cherchons des financements pour cela (lire le point 7 de ce document). Et nous comptons sur votre soutien pour que ce projet devienne pérenne.

L’association genevoise

Pour parvenir à réaliser les objectifs définis plus haut, nous avons créé à Genève une association dénommée Buùd-Yam, signifiant «esprit de famille» en langue moré, composée actuellement d’une trentaine de membres.
Les membres fondateurs et actuellement les plus actifs sont :

  • Abel Sankara, 50 ans, vice, président. Il est originaire du village de Mesga, a lancé ce projet à l’automne 2012. Diplômé en assistant en soins et santé communautaire (CFC) en Suisse, il travaille aujourd’hui en psychiatrie dans le canton de Berne. Abel Sankara a quitté le village à l’âge de 12 ans. Il a toujours été frappé par l’absence de soins de base à Mesga. Domicilié en Suisse depuis une quinzaine d’années, il a entrepris une formation dans le domaine de la santé dans l’idée de pouvoir, à terme, être utile à son village. Son père, qui a fait son service militaire dans l’armée française dans les sanitaires (à l’époque le Burkina était une colonie), était le seul à pouvoir délivrer quelques soins aux habitants locaux, lorsqu’Abel était enfant. Marqué par l’expérience de côtoyer les personnes malades du village à cette époque, Abel souhaite que Mesga dispose aujourd’hui d’un centre de santé digne de ce nom, en collaboration avec les autorités traditionnelles du village. Il est resté proche des habitants de Mesga, grâce aux visites qu’il fait chaque année.

  • Christophe Koessler, 45 ans, président. Journaliste au Courrier à Genève, diplômé en sciences sociales et en relations internationales, il a fait plusieurs voyages au Burkina Faso dès 1996. Il y a notamment œuvré à la mise en place d’un centre de réinsertion pour les enfants de la rue à Ouagadougou, avec l’ONG locale « Espoir partagé » (1997-2001). Il est ami avec Abel Sankara depuis une vingtaine d’années.

  • Nelly Viret, 65 ans, membre du comité. Jeune retraitée, elle a exercé le métier d’infirmière en Suisse romande pendant de nombreuses années. Volontaire pour Médecins sans frontières elle a réalisé plusieurs missions dans trois pays d’Afrique et en Haïti pour cette ONG. En 2017, elle a passé deux mois à Mesga pour accompagner la mise en place des soins dans notre centre de santé. Depuis, elle suit la situation de près. Elle est domiciliée à Vevey.

  • Audrey Parrone, sociologue, 42 ans, membre du comité. Elle a travaillé un an au Fonds mondial de lutte contre le Sida, la tuberculose et le paludisme, dans le domaine de la gestion de subventions de projets en Afrique. Elle vit à Genève.

Forts de nos expériences sur place, nous avons parfaitement conscience des difficultés inhérentes à la mise en œuvre de projets de ce type en Afrique de l’Ouest et des principaux écueils à éviter. Nous sommes toutefois très confiants quant à la réussite de cette entreprise.

En effet, nous bénéficions d’une bonne connaissance du terrain, du soutien déterminé des habitants de Mesga et de précieuses relations dans le milieu médical. Nous avons forgé des liens avec différentes associations et un grand nombre de personnes-ressources, tant au Burkina Faso qu’en Suisse. Enfin, nous pouvons compter sur notre très forte détermination à mener ce projet à bien.
Soulignons que toute personne en accord avec les principes et les objectifs de l’association est la bienvenue. Nous avons un souci constant de collaborer avec les associations burkinabè et Suisses au Burkina Faso, en vue d’une cohérence d’ensemble entre les projets. Nous avons pour l’instant de bons contacts et envisageons des collaborations avec l’association Kassabati, qui s’occupe de la prise en charge des personnes vivant avec le VIH-Sida à Ouagadougou et avec l’association Yelemani qui lutte pour la souveraineté alimentaire (Blandine Sankara).

L’association locale au Burkina

L’association Buud Yam Burkina a été créée en 2015 à Ouagadougou pour mener à bien le projet à Mesga. Elle est constituée de sept membres (comité). Son président est Abdoulaye Kaboré, un entrepreneur burkinabè de la construction de 55 ans. C’est lui qui est principalement chargé de superviser les activités de notre coordinateur local, Boureima Sankara, 35 ans.
Boureima Sankara est lui-même originaire du village, qu’il a quitté à l’âge de 8 ans pour vivre à Ouagadougou. Il a terminé avec succès des études en comptabilité à l’Université de Ouagadougou et a suivi un cours de formation continue en gestion de projet.
L’association locale et M. Boureima Sankara travaillent en bonne intelligence avec les autorités coutumières du village, elles même impliquées dans la mise en œuvre du projet. Ce sont ces autorités qui ont attribué 22 hectares de terrain à Buud Yam dans le cadre de ce projet.

Le Burkina ne compte encore que très peu d’infrastructures sanitaires. La plupart des villages ne disposent pas de centres de santé et les dispensaires ou hôpitaux existant se trouvent très éloignés pour la majeure partie de la population. Le pays compte un infirmier pour 50000 habitants .

Le village de Mesga se situe à environ 130 kilomètres au nord-ouest de la capitale, entre les villes de Yako et de Koudougou. Il compte environ 1700 habitants. Il fait partie des 9 villages que compte le canton de Batono. L’ensemble des villageois de la région ont accès au centre de santé, soit plusieurs milliers d’habitants.

Le centre de santé bien équipé le plus proche se trouve à Yako, soit à une distance 35 kilomètres de pistes cabossées. Il reste inaccessible pour la plupart des villageois en raison de l’absence de transport adéquat.

Résumé des réalisations matérielles

L’association Buùd-Yam a réussi à construire les bâtiments nécessaires à son centre de santé à Mesga, incluant une maternité, une grande pharmacie, trois maisons pour son personnel, un centre logistique, un forage pour l’eau équipé d’un château d’eau alimenté au solaire et un moulin pour la transformation des céréales. Un kiosque-restaurant-boutique a aussi été construit et les travaux d’un centre productif appelé «Maison de la femme» ont débuté (des fours à bière de mil – équipés- y ont notamment été fabriqués). Une coopérative de femmes a été mise sur pied pour les activités de maraîchage, de fabrication de bière de mil, voire de savon, destinées à l’autofinancement du centre de santé.

Plusieurs dizaines de tonnes d’équipement divers ont aussi été envoyés depuis la Suisse. Plusieurs milliers d’arbres ont aussi été plantés dans les environs immédiats et sur une parcelle clôturée qui abrite quelques 150 arbres fruitiers et médicinaux.

Objectifs visés

Le présent projet vise désormais à assurer le bon fonctionnement du centre de santé, de la pharmacie et de la maternité du village de Mesga. Pour ce faire, nous devons aussi faire fonctionner les activités locales destinées à générer des ressources financières (café-restaurant, maraîchage, bière de mil, élevage, moulin, etc. )

Deux infirmiers, une accoucheuse et deux auxiliaires en pharmacie travaillent à plein temps au centre de santé. Divers programmes de promotion de la santé et de prévention des maladies seront mis sur pied. La coopérative regroupe les femmes de la région sous la direction d’un agronome. Elles sont formées au maraîchage agroécologique.

La première étape du projet a été la construction d’un forage pour alimenter le village en eau potable et irriguer le terrain agricole (mars 2013). Buùd-Yam a également planté plusieurs milliers d’arbres chaque année entre 2013 et 2017, sur la parcelle mise à disposition par le village. L’association a aussi pu envoyer à Mesga plusieurs containers contenant des dizaines de tonnes de matériel médical et agricole et du mobilier. Les bâtiments du centre de santé sont opérationnels. Il s’agit d’un dispensaire complet qui compte une salle de consultation et son vestibule, une maternité avec trois salles, une pharmacie, et une salle d’hospitalisation d’une capacité de dix places.

Les bâtiments sont équipés et alimentés par l’énergie solaire. Il nous reste une salle d’isolement à construire pour les patients potentiellement contagieux qui nécessitent un confinement.

Les bénéficiaires du projet sont les habitants de Mesga, et d’autres personnes vivant dans les villages alentours. Les femmes et les enfants en sont les plus grands bénéficiaires, notamment car ils constituent une majorité des patients, mais aussi grâce au planning familial et à la maternité prévue.

La valorisation du terrain villageois de 22 hectares, dont l’association a déjà l’usufruit, bénéficiera aux habitants de Mesga et permettra d’assurer une partie du financement annuel du centre de santé, grâce à la création et à l’exploitation de cultures agricoles, ainsi qu’à l’élevage. De plus, en vendant à bas prix légumes, céréales ou féculents produits sur ce terrain, il sera possible de résorber, en partie, les carences alimentaires les plus criantes dont souffre la population. Un magasin et un restaurant –kiosque sera mis en place.

Le dispensaire accueille tous les patients de la région qui en font la demande, 7 jours sur 7 et 24h/24. Les deux infirmiers, Lalou Pathonth et Bambio Tibiri, s’occupent d’examiner les patients, d’établir un diagnostic et de prescrire les médicaments nécessaires. Au Burkina, il est très difficile d’obtenir un médecin dans les campagnes et la plupart des centres de santé ruraux n’en disposent pas.

Depuis 2018, le dispensaire a soigné environ 14000 personnes(pour le détail voir nos rapports annuels). A noter que le nombre de consultations est plus élevé car à ce stade nous comptabilisons le nombre de patients et non le nombre de consultations. Certains patients reviennent plusieurs fois. Tous ont pu obtenir leurs médicaments auprès de notre pharmacie, qui a été déplacée dans des bâtiments plus spacieux en 2019. On y trouve tous les médicaments génériques essentiels, ainsi que bon nombre de médicaments de spécialité, qui viennent compléter l’offre. Nous avons vendu pour près l’équivalent de près de 25000 francs suisses de médicaments en 2019.

Les maladies et affections soignées sont principalement :

  • Paludisme simple
  • Paludisme sévère avec complications
  • Dingue
  • Diarrhée et vomissements
  • Infections ORL et Pneumo-bronchopathies
  • Parasitose
  • Ulcères
  • Dermatoses
  • Arthrose
  • Malnutrition moyenne
  • Infections urinaires
  • Plaies

Les consultations sont payantes (300 francs CFA par consultation pour les adultes, soit environ 50 centimes de francs suisses; 200 FCFA pour les enfants). Ceci respecte les normes du Ministère de la santé et permet d’autofinancer en partie les salaires du personnel.

Les consultations ont rapporté quelque 250 francs suisses par mois.

Fonctionnement de la maternité

Au début de l’année, nous avons engagé une «accoucheuse». Mme Bertille Zoungrana Togo, diplômée en 2004 à l’Université de Koudougou, a plusieurs années d’expérience à son actif et s’est montrée très compétente dès son entrée en service. Elle ne dispose pas d’une formation complète de sage-femme, mais officie en tant que telle en raison de la difficulté d’engager une sage femme diplômée.

Les premiers mois de l’année ont été consacrés à la mise en place de la maternité, au début des consultations prénatales avec les femmes enceintes et les premiers accouchements ont eu lieu en juin. Il y a une vague importante d’accouchements en juin car la maternité de Samba (distante d’environ 15 kilomètres) était en grève. 23 accouchements ont eu lieu ce mois ci et tous les bébés et les mamans vont bien. Dans les mois qui ont suivi, il y a eu entre 2 et 4 accouchements par mois. Ce nombre devrait peu à peu augmenter dans les prochains moins, l’information sur l’ouverture de notre nouvelle maternité commençant à peine à circuler dans les campagnes environnantes.

Etant donné la relative faible affluence de la maternité jusqu’à présent, Mme Bertille Zougrana-Tago assiste nos deux infirmiers dans les soins donnés à la population, en particulier aux femmes et aux enfants.

Défis

Les principaux défis du fonctionnement du centre de santé vont être la mise en place de programme de promotion de la santé (prévention des maladies, hygiène, planning familial) et la mise en place d’un management plus dynamique horizontal et participatif (lire notre rapport annuel). Ainsi, que l’acquisition d’une ambulance pour pouvoir transférer les cas plus compliqués à l’hôpital de Yako.

Fin mai prochain se termine le contrat de notre infirmier chef Lalou Pathonth. A cette occasion, une restructuration des soins aura lieu avec l’engagement d’un nouvel infirmier qui secondera l’autre infirmier aujourd’hui présent, Bambio Tibiri.

Tout est fait maintenant pour faire connaitre notre maternité et permettre à notre Mme Bertille Zougrana-Tago de mener à bien les initiatives qu’elle a prises pour le suivi des femmes et les accouchements.

La prévention débute actuellement avec des visites effectuées par notre équipe auprès de la population et des conseils apportés en matière d’hygiène et de traitement des maladies. Un projet plus complet sera mis en place avec l’appui de l’Ecole privée de santé Saint Mathias de Ouagadougou.

Ce projet s’appuie sur la participation active de la population du village. Nous considérons que l’appropriation du projet par la communauté est l’une des conditions de son efficacité et de sa durabilité. Dès le départ, les autorités coutumières et la population ont été consultées et ont donné leur aval. De nombreuses personnes ont participé à plusieurs rencontres. Nous comptons sur la tenue régulière d’assemblées.

L’ensemble du projet est aussi conçu dans le respect de la nature, en particulier par l’utilisation de matériaux locaux pour l’édification des bâtiments. La technique de la « voûte nubienne », architecture venue d’Egypte, promue par une association spécialisée au Burkina, répond non seulement à cette exigence, mais s’avère aussi particulièrement adaptée au climat. Les bâtiments ainsi construits sont confortables et durables dans le temps. De plus, grâce à la grande épaisseur des murs, inutile d’y installer l’air conditionné.

L’arborisation, les cultures agricoles, l’apiculture et l’élevage seront aussi menés dans le plus grand respect de l’environnement. La formation des femmes au maraîchage a été donnée par un agronome spécialisé en agro-écologie (école de Pierre Rabhi). Le développement durable est au cœur de notre démarche.

Les principes d’égalité hommes-femme, d’horizontalité, de participation et de démocratie nous tiennent particulièrement à cœur dans le fonctionnement du centre.

Dès 2012, nous avons compté tout d’abord sur nos ressources propres, sur les divers dons privés que nous avons reçus de la part d’amis, de proches ou de sympathisants, ainsi que sur les premières cotisations des membres. Nous avons aussi organisé deux fêtes de soutien.

Buùd-Yam a ensuite reçu en 2013 et 2014, 2015 et 2016 des subventions d’une dizaine de communes Genevoises, ainsi que de l’association (1 :1). En à peine quatre ans d’activités, nous avons ainsi pu réaliser :

  •  Un forage pour fournir de l’eau potable à la population
  • La construction d’un château d’eau, alimenté par des panneaux solaires. Permettra d’améliorer le maraîchage, l’élevage et alimentera le centre de santé en eau.
  • La construction du centre de santé, avec salle de consultation, une maternité, un dortoir et une pharmacie. Ainsi qu’un mur et une clôture d’enceinte. L’installation du câblage pour l’électricité scolaire.
  • La construction d’un centre logistique comprenant, un logement pour le concierge, une cuisine pour les repas des ouvriers, un magasin pour stocker notre matériel, un hangar servant de foyer et de repos des ouvriers. Un container envoyé depuis la Suisse a été installé là également. Nous avons aménagé cet endroit pour la vente directe ou la transformation des produits du maraîchage et de l’élevage (projet d’autofinancement). Le centre comprend également un magasin et un local pour une bibliothèque. Ainsi que de clapiers et étables pour des moutons et autres animaux. Une clôture d’enceinte a aussi été construite en 2015.
  • La construction de deux logements pour le personnel de santé (aux normes du ministère de la santé du Burkina), et leurs clôtures d’enceinte.
  • La mise en place d’un camp de reboisement annuel « Opération Mains Vertes » À signer que la première édition du camp a été entièrement financée par les élèves et enseignements du Collège Jean Daniel Richard du Locle. Chaque année l’établissement invite ses élèves à la découverte du monde humanitaire par la présentation d’une association. C’est ainsi que Jules Ammann a présenté Buùd-Yam à ses camarades de classe. Les enseignants séduits par le projet ont invité un responsable de Buùd-Yam à une rencontre avec les élèves, enseignants et parents d’élèves qui le désirent. Buùd-Yam qui venait de naitre a ainsi connu sa 1ère rencontre avec des partenaires. Cela nous a beaucoup touché du fait que ce soit des enfants qui portent le projet de Buùd-Yam dans leur cœur. Une vente d’objets fabriqués par les enfants a été organisée au bénéfice de l’association. Grâce à cette contribution nous avons pu planter environ 1000 plants sur le site de Buùd-Yam en août 2013 et organiser en collaboration avec le Théâtre de l’espoir du célèbre comédien M’Baboanga, un théâtre-forum sur la sensibilisation du reboisement et les méfaits de la coupe abusive des arbres. La pièce a été jouée en plein air à la satisfaction générale des participants. Ce camp annuel de reboisement nous permet de continuer chaque année à planter des arbres et à sensibiliser la population sur les bienfaits des forêts et des arbres, seuls moyens de freiner l’avancée du désert.
  • L’envoi de 15 tonnes de matériel médical et agricole par containers au Burkina Faso.
  • La création d’une coopérative de femmes qui sont formées par un ingénieur en agro-écologie.
  • L’acquisition d’un moulin et la construction d’une maison pour son implantation (projet d’autofinancement).
  • Organisation de la cérémonie de fin de travaux du centre de santé le 30 décembre 2016 qui a réuni plus de 300 personnes sur le site de Buùd-Yam. Cette cérémonie a connu la présence des responsables coutumiers, des autorités communales et de nombreux bénévoles du Burkina et de Suisse.
  • Travaux en cours de construction d’une « Maison de la femme » dotée d’une salle qui servira aux réunions, aux formations et pourra également servir de salle de cours d’alphabétisation et un magasin pour stocker le matériel de la coopérative. Des « Dolotières » espèce de fours pour la préparation de la bière de mil communément appelé dolo et prisé par les habitants. (projet d’autofinancement).
  • L’aménagement du jardin de la coopérative pour le maraîchage (projet d’autofinancement)
  • Travaux en cours de construction d’une terrasse du kiosque-café-restauration qui servira d’un lieu de dépôt-vente de nos activités maraîchères, d’élevage…etc.
  • L’engagement officiel d’un infirmier diplôme d’Etat en collaboration avec le Ministère de la santé.
  • Les demandes des autorisations nécessaires pour l’ouverture et exploitation d’un centre de santé au Burkina Faso.
  • La mise en place d’une bibliothèque ouverte à tous les âges et surtout aux enseignants et élèves de la région.

Il nous reste à terminer les infrastructures du centre de santé par la construction d’une salle d’isolement (quarantaine) et d’une salle de réunion et de sensibilisation, et de continuer les investissements dans de projets générateurs de revenu en vue de l’autonomisation du centre de santé d’ici à 2022.

Déjà financé (tout ou partie): En 2019, nous avons obtenu des financements qui nous permettront de terminer certains travaux et de réaliser plusieurs projets en cours.

  1. La salle de réunion et de sensibilisation actuellement en construction pourra être terminée. Elle servira aussi de petit bureau.
  2. Une maisonnette de stockage des légumes et de la bière de mil sera construite, de même que des murs de protection des fours et deux « hangars » pour fournir de l’ombre sur les lieux de production et de vente de la bière de mil. Cet ensemble n’est que partiellement financé à hauteur de 1700 francs. Il reste 1253 francs à trouver en 2020.
  3. Des fonds de roulement pour le café restaurant et la production de bière de mil sont aussi disponibles.
  4. Un budget pour le déplacement prévu des panneaux solaires à un endroit sécurisé a également été obtenu.
  5. La réhabilitation du moulin (en cours).
  6. un billet d’avion pour l’infirmière suisse chargée du suivi du projet.

Nouveaux postes à financer en 2020

Nous cherchons actuellement des fonds pour les postes principaux suivants:

1) Construction d’une salle d’isolement (quarantaine)

Certains cas graves et contagieux nécessitent de garder les patients en observation quelques jours. En raison des risques de contagion, le centre a besoin d’avoir un grand dortoir à part, avec WC, où il peut garder ses malades, au lieu de les renvoyer chez eux.

Devis : 8’400 francs

2) Maisonnette de stockage, murs d’enceintes et hangars pour la coopérative des femmes

Une maisonnette doit être construite pour permettre aux femmes de la coopérative d’entreposer leur matériel et leurs denrées (dans le cadre du maraîchage et de la fabrication de dolo). Les murs d’enceinte protégeant les foyers à bière de la poussière doivent être surélevés et deux hangars construits pour fournir de l’ombre pour la fabrication de la bière d’une part et la vente de ce produit d’autre part. Nous avons financé une partie de ces travaux déjà avec le budget qui était initialement projeté en 2019 pour un projet d’élevage de moutons. Ce dernier projet ayant dû être abandonné pour des raisons de faisabilité (et remplacé par un autre, lire ci-dessous au point 3), nous avons attribué la somme prévue, 1’700 francs suisses à ces installations. Reste pour financer le tout 1’253 francs suisses à trouver.

Détails : Maisonnette : 1’133 francs / Murs d’enceinte : 1’298 francs / Deux hangars 522 francs. Total 2’953 francs – (moins) 1’700 francs = 1’253 francs
Devis restant : 1’253 francs

3) Projet d’élevage

Un projet d’élevage de petits animaux, dans le but de l’autonomie financière du centre de santé, est en cours de constitution avec l’aide et l’expertise du Centre écologique Albert Schweizer de Ouagadougou (créé par des Suisses). Le projet est en cours d’évaluation. Nous prévoyons une somme forfaitaire avant l’établissement d’un devis précis. Le projet d’élevage tel qu’il avait été conçu au départ a été abandonné pour des raisons de faisabilité et la somme qui a été obtenue en 2019 a été affectée à la construction d’infrastructures pour la coopérative de femmes (lire ci-dessus).

5000 francs

4) Programme de prévention des maladies

Afin d’épauler notre personnel dans la promotion de la santé dans la région de Mesga, nous avons sollicité l’école privée de santé Saint-Mathias de Ouagadougou. Nous allons faire venir cinq étudiants infirmiers de l’école pendant un mois pour qu’ils soutiennent notre équipe dans la mise en place d’un programme dans la région. Les étudiants vont aussi sillonner les fermes environnantes pour transmettre des conseils en matière d’hygiène et de santé. Ce travail entrera dans leur cursus de formation. Ce budget comprend la nourriture pendant un mois et le transport depuis Ouagadougou (aller retour).

600 francs

5) Travaux de réparation et d’entretien des bâtiments du centre de santé

Construits il y a six ans, les bâtiments principaux du centre de santé nécessitent plusieurs travaux d’entretiens et de réparation.

Devis : 388 francs

6) Transports de lits de Ouagadougou à Mesga

Sept lits d’hôpitaux que nous avons acheminés depuis la Suisse en 2019 doivent être transportés de Ougadougou à Mesga. Un service de camionnette doit être mandaté. Ces lits serviront principalement pour la salle d’isolement.

Coût : 259 francs

7) Culture du maïs et du mil sur un hectare

Pour permettre la production de bière de mil à moindre coût, cuisiner des bouillies pour les mamans qui viennent d'accoucher dans notre maternité, fournir quelques repas pour les patients hospitalisés à la maison et approvisionner notre restaurant, nous allons ensemencer un hectare des champs que les villageois nous ont mis à disposition. Il nous faut acheter les semences et le fumier organique et alimenter les villageois pendant la durée de ce travail volontaire.

Coût : 215 francs

8) Impôts sur les salaires

En 2019, l’Etat Burkinabè a instauré un nouvel impôt à la source sur les salaires. Pour Buud Yam cela représente 93 francs suisses par mois. Si les salaires pour 2020 sont assurés grâce aux recettes des consultations et de la pharmacie et surtout d’une subvention de la ville de Genève, ce surcoût dû aux impôts n’est pour l’heure pas assuré.

Coût : 1116 francs

9) Equipements divers et maintenance

Un poste forfaitaire doit être prévu pour la maintenance des équipements, comme par exemple le remplacement des ventilateurs défectueux et des ampoules, des serrures, la réparation des appareils divers, etc. l’achat de petit matériel logistique également

500 francs

10) Achat de matériel médical et administratif

Une somme doit également être prévue pour l’achat de petits matériels médicaux à remplacer et les fournitures administratives (cahiers, carnets de santé, photocopies, etc).

1000 francs

11) Une ambulance 4x4 d’occasion

Une ambulance reste nécessaire pour acheminer les cas les plus urgents et dont nous ne pouvons nous occuper vers l’hôpital de Yako

Prix estimé sur le marché à Ouagadougou : 30000 francs

12) Formation complémentaire de l’accoucheuse

Notre accoucheuse a besoin de suivre une formation complémentaire pour pouvoir assumer tous les accouchements en minimisant les risques pour les mamans et les bébés.
Montant non encore communiqué (quelques centaines de francs)

13) Cotisations de retraite du personnel

Dorénavant, Buud -Yam doit aussi s’acquitter des cotisations de retraite du personnel.
Montant non encore communiqué (quelques centaines de francs)

TOTAL : 48’731 Francs suisses

Auxquels il faudra ajouter la formation de l’accoucheuse et les cotisations de retraite du personnel.

TOTAL sans ambulance : 18’731 francs suisses

Frais de fonctionnement

Pour 2020, Buud -Yam a obtenu une subvention de la Ville de Genève qui permettra de payer les salaires du personnel. Ce sera le cas aussi partiellement pour 2021.
Par mois / en francs suisses
Salaire de l’infirmier chef: 520.-
Salaire du second infirmier 280.-
Salaire accoucheuse 207.-
Salaire des deux auxiliaires en pharmacie 86.-
Salaire concierge / gardien: 60.-
Salaire chargé de mission / direction des opérations 256.-
Salaire des nettoyeuses 70.-
Frais pour l’entretien du parc matériel, des bâtiments 100.-
Frais de déplacements 100.-
Frais divers (administratif, matériel, outils) 100.-
Amortissements matériel (provision renouvellement) 200.-
Total frais de fonctionnement 1979 francs
Ces frais pourront être réduits partiellement à l’avenir : par la baisse du temps de notre coordinateur à 50%, notamment et l’engagement d’un nouvel infirmier chef à un salaire plus modeste (changement de contrat en 2020).

Les frais de fonctionnement seront générés progressivement à partir de :

  • Cotisations des membres en Suisse (environ 50 membres) et dons divers
  • Coût de la consultation et des carnets de santé
  • Légère marge sur le prix de vente des médicaments
  • Vente des produits du maraîchage, dolo (bière de mil), etc
  • Vente du café- restaurant -kiosque
  • Produits de l’élevage (à partir 2019, 2020), voire du miel (apiculture)
  • Recettes du moulin à farine
  • Fêtes et concerts au Burkina
  • Fêtes et concerts en Suisse, Etc.

L’association Buùd-Yam remercie sa majesté Naba Koanga, chef coutumier du canton de Batono, et les responsables coutumiers des différentes couches sociales de la région. Nous remercions les artistes musiciens qui mettent leurs talents au bénéfice de l’association lors de nos soirées de solidarité et de soutien que nous organisons.
Une mention spéciale de la troupe du Théâtre de l’Espoir du célèbre comédien Mbaboanga, qui, grâce à une étroite collaboration, nous avons pu mettre en place deux théâtres-forum, sur les dangers de la coupe abusive du bois et sur l’espacement des naissances. Merci aux membres dont la contribution annuelle participe aux dépenses de nos activités et nous permet de faire face aux imprévues.
Nos remerciements vont également à la ville de Genève, aux communes Genevoises, à l’association 1 :1, aux amis et sympathisants du canton du Jura, aux élèves et enseignements du Collège Daniel - JeanRichard du Locle, à toutes les personnes qui soutiennent l’association sous diverses formes.

Merci à vous, car sans vous il n’y aurait pas Buùd - Yam.

Maladies et problématiques les plus courantes et moyens de prévention

Paludisme ou malaria: Maladie transmise par l’anophèle, un moustique responsable de milliers de morts touchant toutes les couches sociales des régions sub-saharienne. Le paludisme tue plus que le sida, et un vaccin n’est toujours pas à portée de main. Un des meilleurs moyens reste la prévention par la sensibilisation des différentes populations à l’utilisation des moustiquaires imprégnées et au respect d’un certain nombre d’hygiène dans les activités de tous les jours (par exemple couverture des pots d’eau, drainage des eaux stagnantes, désherbage de l’environnement domestique - pour éviter la reproduction de moustiques), ainsi que de mettre à disposition des populations des antipaludiques prescrits au centre de santé par l’infirmier.

Le choléra, infections intestinales: Ces pathologies endémiques entraînent des conséquences graves. La diarrhée tue des centaines de milliers d’enfants chaque année. L’anémie liée à certaines infections parasitaires intestinales provoque aussi des séquelles graves chez l’enfant (retard de croissance, faible scolarisation). Ces infections sont liées par leur mode de transmission. Les microbes et parasites responsables se reproduisent et vivent dans les eaux sales, dans la terre et sur les surfaces sales. La sensibilisation aux techniques pour rendre l’eau potable, en la faisant bouillir par exemple, est essentielle. Il convient aussi de boucher les flaques d’eau qui sont des vrais réservoirs de micro-organismes responsables de nombreuses maladies. L’hygiène est très importante pour prévenir ces maladies (couvrir les plats pour empêcher les mouches de se déposer dessus, se laver les mains au savon après être allé aux toilettes, avant de manger, etc).

SIDA/VIH: Le Sida reste un problème majeur en Afrique. La conscientisation et la sensibilisation sont très importantes pour limiter l’étendue de la maladie (préservatifs, etc.)

La malnutrition: La malnutrition dans cette région est liée au manque de production locale d’aliments nécessaires pour une alimentation équilibrée, ainsi qu’aux accouchements rapprochés, etc. Elle touche les enfants et cause le plus souvent la mort des enfants en bas âge. Une alimentation riche en produits locaux doit être encouragée, ainsi que la promotion des moyens d’éviter les grossesses rapprochées par une bonne sensibilisation des femmes et des hommes.

L’excision: Malgré l’interdiction de l’excision par une loi, des fillettes sont toujours victimes de cette pratique ancestrale. Les conséquences de cette mutilation sont énormes : contamination de maladies par les outils utilisés, décès par hémorragie pendant l’opération, perte de sensibilité et douleurs lors des rapports sexuels, sans oublier que cette pratique est l’une des causes principale de décès des jeunes mères pendant l’accouchement. La sensibilisation des différents foyers demeure le seul remède pour arriver à bout de ces pratiques d’un autre siècle

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